Les chroniques de Centurie - L'écorce du mal

Olympe st étoile

  Olympe aimait la nuit, et plus précisément les moments qu’elle passait dehors à regarder les cieux.

Elle savait bien que cela lui était interdit : que diraient les serviteurs et les invités de haut rang s’ils voyaient la fille aînée du duc sortir la nuit, à peine vêtue pour une raison aussi excentrique qu’était la sienne.

Mais lorsque la lune se montrait pleine et que le ciel dégagé luisait d’étoiles aussi brillantes qu’une poignée de diamants, elle ne pouvait pas résister et sortait sur le balcon de sa chambre pour admirer ce spectacle qui était à ses yeux le plus beau des trésors.

Une soir particulièrement découvert alors que l’été s’annonçait proche vu la douceur des nuits, elle sortit discrètement de sa chambre et alla à son rendez vous avec les étoiles. Elle trouva la nuit si belle et les astres si attirants qu’elle eut envie d’être encore plus proche d’eux.

Sur le mur de la tour ou était ses appartements, poussait un lierre qui c’était tellement renforcé au fil des années qu’il semblait presque soudé à la paroi.

Olympe, l’esprit vif et éveillé par la beauté des constellations se mit à escalader cette échelle de branchages. Elle montait toujours plus haut, voulait voir toujours plus loin, être toujours plus près.

Elle arriva au sommet de la tour. Il se trouvait là le jardin d’hiver et elle fut merveilleusement étonnée d’y trouver un sol si garni et un flore si dense.

Elle s’allongea sur l’herbe et fit jaillir ses sens.

Les cieux étaient pour elle comme une drogue. Ses yeux se délectaient de ses minuscules lueurs au loin qui lui permettaient de rêver. Elle se surprenait parfois à faire un veux, alors qu’une étoiles filante passait.

L’odeur du musc et du bois de santal embaumait l’atmosphère et la faisait planer parmi les étoiles. 

Sa chemise trempée par la rosée déjà présente lui collait à la peau et le frémissement à peine audible du vent dans les branchages l’emplissait d’un force nouvelle. Chaque constellation se reflétait dans son regard et dansait entre les nuances de ses yeux clairs. 

Mais soudain, un bruit affreux se fit entendre, brisant l’univers de silence qui c’était créé autour d’Olympe. Une porte grinça et des bruit de lourdes bottes fracassèrent le sol.

Elle se recroquevilla sous un saule pleureur, espérant passer inaperçue.

Devant elle, un homme. la lueur de la lune son visage reflétait la prospérité et la jeunesse. Il s’assit à deux mètres de la fille du duc et ne tarda pas à s’allonger, mains derrière la nuque pour mieux admirer les étoiles. Il semblait prendre le même plaisir qu’Olympe à observer le ciel. Elle, restait là. Elle était totalement subjuguée par cet homme. Il avait le même effet sur elle que le étoiles. Il sentait le cuir tanné et ses gestes étaient aussi gracieux que la danse du vent dans les feuilles.

Lorsque l’homme repartit, elle resta là un moment à se remémorer chacun des ses gestes puis redescendait dans sa chambre pour rêver d’étoiles parmi lesquels le visage de l’inconnu brillait comme une lune.

Depuis ce soir, elle montait toute les nuits et attendait sa venue. Lorsqu’il ne venait pas elle pouvait attendre jusqu’à ce que le ciel soit déchirer par les premières lueurs de l’aube, puis revenait dans ses appartements, le cœur gonflé de déception.

Son obsession pour celui qui était comme elle, le compagnon des étoiles finit par lui nuire. Elle ne dormait plus, restant toutes ses nuits à espérer l’arrivée de l’homme.

Un matin, le duc monta dans son jardin d’hiver, qui, pour un mois de décembre était déjà bien enneigé et tomba face à face avec Olympe, le corps d’une lueur bleuté dans sa chemise de soie blanche, reposant sur un tapis de neige.

Celle ci avait attendu toute une nuit son bel inconnu et était morte de froid au petit matin. Elle avait rejoint les étoiles…


Article ajouté le 2007-12-24 , consulté 55 fois

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