Le collier
Des mains plissées par le froid enserraient impitoyablement un collier en une étreinte aussi in faillible que l’était celle de la mort. L’œil de chat regardait la peau souillée de celle qui le tenait, le tenait ci fort que les perles bleues nuit menaçaient de se briser. Cette même peau qui a présent ne jouait plus que le rôle de sac vide ne retenant aucune vie. Le collier à l’œil de chat, à présent orphelin, ne constatait plus qu’un passé remplit d’un avenir aussi vide que le corps sans âme de la fille. Cette même fille qui le serrait plus que jamais sur un cœur qui ne battrait plus. Pourtant, il y a peu, il dansait glorieusement sur sa gorge déployée aux rythmes de ses rires de jeunesse. Ce même rire qui, autrefois, était alimenté par une respiration que le souffle de la vie avait lentement délaissé. L’œil de chat sembla rouler sur lui-même pour ne pas voir le visage figé en une éternelle crispation de la jeune fille. L’éclat de la turquoise polie ternissait face à la pâle blancheur qui tatouait sa peau. La faible lueur de vie que contenait la pierre paraissait vouloir s’infiltrer dans le corps décharné de la jeune fille pour lui insuffler la force de se relever. Elle était roulée en boule autour de son seul trésor. Ses mains inertes aux doigts autrefois habiles et gracieux. Ces mêmes mains devenues des membres raides marqués par les tortures tenaient le collier, qui lui, semblait vouloir s’échapper de l’étreinte glaciale. Mais les mains avares le serraient, l’enserraient pour ne plus se desserrer. Il étouffait.

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