Un peu, beaucoup, passionnement, à la folie...
Moi, petite fleur docile enracinée dans une terre trop grasse, je vous adresse des doleances. Point besoin de cahier, et un crayon trop bien taillé risquerait d'abimer mes pétales délicats.
Mon pollen soufflera au vent mes soucis et les bouts de mes racines graveront le nom des coupables à jamais dans la terre.
J'entends les mots des gens sans pourtant les écouter. Ils se moquent bien de moi et me soufflent des "je t'aime" sans penser à la réponse farouche que leur rendent mes pétales envieux d'être aimés.
Mais quand me robe dorée flétrira aux yeux du soleil couchant, aucune douces lèvres ne viendra me souffler l'adieu plein de larmes que j'attend.
Moi petite fleur au coeur brisé, je voudrais déchirer la terre que me rentient prisonnière pour voyager. Courire le long des boulevards jusqu'au prochain jardin puis courtiser les bourgeons de roses et les tulipes à l'air pédant.
Mais je reste là à gémir sur mon sort. La fin de ma vie s'annonce déja alors que je donne mon sang à une dernière abeille.
Je m'endors et je replonge dans la terre. Les mots doux raisonnent en moi comme les coeurs de mille amants ; raisonnent de moins en moins fort jusqu'à s'arreter un court instant. Le décors coule comme de la peinture à l'huile trop diluée sur une toile. je n'ai rien fait de ma vie.
Un peu, beaucoup, passionnement, à la folie...

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