jalousie
J'étais seule, seule au monde... Lorsque quelqu'un avait la pitié de m'adresser la parole de m'empourprais et me cachais derrière un silence de marbre. Je méprisais ces fuites qui, malgré moi, ne franchissaient pas mes lèvres mais allaient tout de même de briser sur le bouclier d'insensibilité des autres. Ces autres là aussi je les méprisais. Je les méprisais pour leur bonheur, ce bonheur si palpable qu'il m'oppressait. Ce bonheur que je n'avais jamais eu. Ils étaient là, à se cacher derrière leur masque de fausse sympathie, et leurs yeux rayonnant de joie ne faisaient que passer à travers moi, me lacérant au le coeur au passage, tels des lames de rasoir. Non, je ne les haïssais pas, je les enviais en vérité. La jalousie me rongeait l'âme et la solitude m'achevait.Comme j'aurais aimé, rien qu'un instant, être à la place de l'une de ces filles pour qui tout réussit... pour qui tout est facile. Comme j'aurais aimé pouvoir pleurer ma faiblesse sur l'épaule d'un ami... Mais moi je n'avais rien de tout ça. Et lorsque je fermais les yeux le soir, c'était pour mieux effacer cette dure réalité qui blessait mon coeur chaque jour. Existais je vraiment ? Je n'avais personne, je n'avais rien. Seulement un indicible sentiment de futilité et de transparence que les autres renforçaient de leur malhonnête bonheur.

Commentaires